C’est un court texte mais il est difficile à écrire. Une réalité à affronter, à nommer.
J’ai mal pour toi mais tu ne le sais pas…

Cette année, tu es en première année. On peut le dire, ça s’est bien passé.
Tu chemines bien, tu as de bons résultats, tu reçois de l’aide, assez pour que tu sois bien entouré afin de pouvoir progresser.


Cette année tu as invité des amis à la maison. Avec beaucoup de fierté, tu as invité à quelques reprises des amis de ton
service de garde. C’est drôle, ton enseignante dit que tes camarades de classe t’apprécient beaucoup, n’empêche tu ne nous parles jamais d’eux. Mais tu crées des liens avec les copains de la cour d’école et du service de garde. Toujours est-il que tu as reçu durant l’année trois amis à la maison, à quelques reprises, et un ami est aussi venu à ton anniversaire. Tu es content et tu as raison de l’être. Nous sommes heureux que tu aies la chance de côtoyer des amis et de t’ouvrir à d’autres gens.

 

Mais…

alone-1868905_960_720Mon pauvre amour, personne ne t’a jamais invité encore.
Personne n’a appelé, personne ne t’a donné un petit carton d’invitation comme tu aimes tant en donner. Bien qu'ils aient adoré venir te visiter, tu n'as jamais eu cette chance à ton tour.
Tu ne le réalises pas encore, mais nous oui et ça fait mal.

 

 

J’ai l’habitude d’écrire des textes qui donnent des pistes, de l’espoir mais ce soir, je ne sais pas comment conclure.

 

Il faut se laisser du temps, ça viendra, tu es d’agréable compagnie et tes amis ont aimé leur visite à la maison.
Tu sais… bien souvent, ce n’est pas la décision des copains mais de leurs parents.
Il faut continuer à leur expliquer. Tu es si gentil, ils le verront eux aussi…

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Amélie Bastien
Autisme, la boîte à outils

Crédit photos Pixabay