Petite histoire du plan d’intervention

C’est en 1988 que le gouvernement  du Québec oblige, à l’aide de la Loi sur l’instruction publique, les directeurs d’école à établir des plans d’intervention pour les élèves en difficultés avec l’aide des parents et de l’élève lui-même ainsi que le personnel qui lui dispense des services.

 

Le contenu du plan d’intervention est sensiblement le même d’un auteur à l’autre; on y trouve habituellement :

 

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-L’identification des forces et des besoins de l’élève

-Les objectifs à atteindre

-Les moyens et les ressources nécessaires

-Les calendriers

-Les rôles et les responsabilités de chacun des intervenants, incluant les parents et l’enfant

 

L’objectif visé était d’offrir une éducation de qualité adaptée aux besoins de l’élève et de dispenser cette éducation dans le cadre le plus normal possible.

 

Cependant, concernant les élèves en difficulté, le vérificateur général du Québec, dans son rapport de 1999-2000, a fait le constat que « les plans d’intervention répondent plus à des normes administratives qu’aux besoins des élèves»

Afin d’avoir un portrait réaliste des pratiques entourant la démarche du plan d’intervention, un projet de recherche a été réalisé en 2001-2002. Cette recherche a fourni un état de la situation relativement à l’utilisation des plans d’intervention dans les écoles primaires et secondaires du Québec. Un questionnaire a été envoyé à 1170 directions d’écoles primaires et secondaires, afin de recueillir des informations pour identifier les aspects favorables à l’établissement du plan d’intervention et ceux qui le sont moins. De plus, des groupes de discussion, regroupant approximativement 90 personnes, ont été formés dans tout le Québec. Cette méthode a permis de sonder un échantillon représentatif de personnes concernées et aussi, d’obtenir des données d’ordre qualitatif.

 

Les données recueillies ont permis de mettre en lumière que;

  • Moins du tiers des élèves participent à l’élaboration de leur plan d’intervention. La raison la plus fréquemment invoquée est leur jeune âge. Quarante pour cent des répondants mentionnent que la participation de l’élève ne fait pas partie des habitudes de leur école.

     

  • Plus du tiers des répondants indiquent que les parents ne sont pas toujours invités à participer au plan d’intervention de l’élève à risque. Par contre, les parents des élèves handicapés (82 %) seraient plus fréquemment invités à le faire, surtout dans les écoles primaires.

     

  • Dans les groupes de discussion où les parents sont présents, ces derniers signalent qu’ils ont besoin que l’école prenne en compte leur expertise relativement à leur enfant et au contenu du plan d’intervention.

Par ailleurs, le gouvernement reconnait que certains éléments tels que la participation de l’élève, une réelle collaboration avec les parents et la gestion du temps relatif à l’établissement du plan d’intervention restent à améliorer, afin que cette démarche devienne une pratique éducative efficace.

Suite à ces révélations choquantes pour de nombreux parents et professionnels,  une recension des écrits portant sur plusieurs éléments relatifs à la démarche du plan d’intervention a été effectuée dans l’ensemble des provinces canadiennes ainsi qu’aux États-Unis.

D’entrée de jeu, soulignons que l’obligation du plan d’intervention pour l’élève ayant des besoins particuliers fait partie de la majorité des lois portant sur l’éducation des provinces canadiennes et des États-Unis.

Aujourd’hui…

17 ans plus tard les directions d’école doivent toujours se soumettre à des règles strictes en ce qui attrait à l’élaboration du plan d’intervention et à son suivi. La Loi sur l’instruction publique le précise; vous êtes en droit d’exiger le respect de ces règles.

Lors de l’élaboration ou la mise à jour du plan d’intervention sont invités :

 

  • L’enfant (à moins qu’il en soit incapable)
  • Les parents ou les autres personnes du milieu de vie de l’enfant
  • La direction de l’école ou la personne qu’elle a déléguée
  • L’enseignant titulaire ou responsable du groupe
  • D’autres intervenants scolaires peuvent participer selon le cas : les enseignants spécialistes (éducation physique, anglais, arts plastiques) ou les professionnels (orthopédagogue, psychologue, psychoéducateur, etc.)
  • Des intervenants d’organismes externes impliqués dans le quotidien et dans le suivi de l’évolution de l’enfant peuvent assister à la rencontre, tels que des professionnels du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) ou des centres de réadaptation (CRDI­TED, CRDP)

 

En tant que parent, vous pouvez demander d’être accompagné par une ou des personnes en qui vous avez confiance (association, CLSC, ami, parenté, etc.). Il est préférable d’aviser la direction d’école pour annoncer la personne qui vous accompagnera. La direction doit aussi vous aviser des personnes qu’elle a invitées à la rencontre.

Vous êtes en droit de recevoir une invitation à participer à l’élaboration du plan d’intervention (LIP, article 96.14).

Il peut arriver qu’un délai très court vous soit laissé pour assister à cette rencontre. Vous pouvez tenter de la faire déplacer, sinon vous n’aurez d’autres choix que d’y assister à l’heure prévue.

Vous pouvez refuser de participer à cette rencontre. Veuillez noter que, dans ce cas, le plan d’intervention sera réalisé malgré votre absence. Il est donc fortement conseillé d’assister à la rencontre pour vous permettre de faciliter le suivi auprès de votre enfant au cours de l’année scolaire.

 

 

Si, pour une raison ou une autre, vous décidez de ne pas inclure pen-2211444_960_720votre enfant dans l’élaboration ou la mise à jour du plan d’intervention, gardez en tête les besoins et les désirs de votre enfant. N’hésitez pas à lui transmettre les informations pouvant l’aider, le rassurer et lui montrer que les adultes autours de lui sont à l’écoute de ses besoins.

 

 

Voici quelques suggestions pour préparer votre enfant à participer à cette rencontre :

 

  • Lui expliquer pourquoi cette réunion aura lieu
  • L’informer à l’avance qu’il sera invité
  • Lui parler de son plan d’intervention de l’année dernière ou l’informer de ce que contient un plan d’intervention
  • L’informer des personnes qui seront présentes à la réunion
  • Discuter avec lui de ses forces, de ses difficultés, de ce qu’il aime à l’école et de ce qu’il aime moins, de ce qu’il aimerait apprendre
  • Discuter avec lui de ce qu’il aimerait retrouver dans son plan d’intervention (objectifs, services)
  • Lui faire part de ce que vous avez l’intention de dire lors de la rencontre
  • L’avertir qu’il a le droit de s’exprimer lors de la rencontre mais que ses suggestions ne seront peut-être pas toutes suivies
  • Faire avec lui une liste des sujets dont vous avez discuté ensemble et s’assurer qu’il apporte la liste avec lui lors de la rencontre
  • Après la réunion, dire à votre enfant que vous êtes fier de lui parce qu’il aide à prendre des décisions importantes pour son éducation et son avenir

 

Une participation active et positive de votre part comporte plusieurs avantages pour votre enfant :

-Il aura une attitude plus positive face à l’école
-Il adoptera probablement de meilleurs comportements
-Il gérera mieux ses problèmes
-Il pourra augmenter ses chances de réussir

 

En conclusion

Lorsqu’il est bien utilisé, le plan d’intervention est un outil efficace qui a fait ses preuves. Vous impliquez aidera grandement au bon fonctionnement de la vie scolaire de votre enfant et de son bon développement. Il est de votre devoir de vous impliquer et de rester informés.

Rappelez-vous que c’est pour le bien de votre enfant!

 

 

 

Amélie Bastien
Autisme, la boîte à outils

 

 

Sources :
Plan d’intervention.., au service de la réussite de l’élève – Gouvernement du Québec
Rapport sur les groupes de discussion portant sur le plan d’intervention auprès des personnes handicapées ou en difficulté, préparé par Pauline Beaupré, Guy Ouellet et Sarto Roy, Québec, ministère de l’Éducation, février2003,
Carte routière vers le préscolaire - UQO