Et si on cessait, ne serait-ce qu’un bref instant, d’écouter les médecins, les professionnels, les parents et qu’on se mettait à écouter les personnes autistes ? Que pensent-elles?

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Personnellement, depuis que l’autisme fait partie de ma vie, c’est naturel pour moi de discuter avec des gens autistes, de tenir compte de leur avis et de la façon dont ils voient les choses. Ce sont eux, quant à moi, les vrais experts sur le sujet.

Ais-je besoin de vous dire que j’ai rencontré des gens formidables, articulés, qui ont des idées et qui demandent qu’à être écoutés?

J’ai discuté avec des autistes d’ici et d’ailleurs, de différents pays et de différents âges, sur des sujets aussi variés que la politique, les valeurs familiales, la perception de la différence en société, et je suis toujours arrivé aux deux mêmes conclusions;

 

1-    Partout dans le monde, les personnes autistes en ont marre d’être vue comme un « problème de société », comme un fardeau ou comme étant des gens inaccessibles à qui on ne peut demander l’avis. Ils ont plus que jamais leur place en société et ce sont les premières personnes vers qui nous devrions nous tourner pour avoir des avis, dans le milieu de l’autisme, mais aussi sur tous les autres sujets. Ils ont quelque chose à dire.

 

2-     Les personnes autistes sont épuisées de voir les efforts de certains professionnels et parents pour tenter de transformer leur enfant autiste en enfant neurotypique. L’autisme n’est pas une maladie, l’autisme est une manière d’être et de vivre. Les personnes autistes ont tout autant droit d’être ce qu’elles sont et de vivre dans l’inclusion.

Quand le parent ou le professionnel tente d’amener l’enfant autiste à agir comme un enfant ou un adulte neurotypique, la personne autiste perçoit le jugement, le manque de respect et d’ouverture ainsi que le manque d’amour. Parce que oui, tout le monde a besoin d’amour et de se sentir aimer tel qu’il est vraiment.

 

Au fil de mes discussions, j’ai aussi rencontré des gens, qui, aux premiers abords, semblaient dire que, s’ils pouvaient, ils ne seraient plus autistes. En questionnant ces gens on se rend vite compte que le fardeau de ces gens n’est pas l’autisme, mais bien le manque d’ouverture autour d’eux ainsi que le jugement et les stéréotypes véhiculés dans la société. Ils ont envie de vivre librement, tout simplement.

 

L’autisme est sous-représenté. Que ce soit dans les débats publics, à la télévision, au travail, on gagnerait tous à s’ouvrir. Comme tout le monde, les autistes ont besoin d’être entendus mais ils ont aussi beaucoup à nous apporter.

 

Ouvrez-vous et remarquez cette belle diversité, écoutez ce que les autres ont à dire ; c’est aussi ça s’ouvrir.

 

Je vous souhaite de côtoyer la neurodiversité mais surtout qu’elle soit respectée, et je ne suis pas la seule à le souhaiter, je le sais  ;o)

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Amélie Bastien
Autisme, la boîte à outils